Les Accords Toltèques

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Soirée présentée par Bernard Galindo au Yes Group Cannes le 28/06/2017

1/ Introduction

 Un nouvel outil intervient de façon plus présente au sein des entreprises pour les accompagner dans leur management : il s’agit des « 5 Accords Toltèques » coécrit par Don Miguel Ruiz et son fils Don José Ruiz.

Les 5 Accords Toltèques sont :

  • Que ta parole soit impeccable
  • Quoiqu’il arrive, n’en fait pas une affaire personnelle
  • Ne pas faire de supposition
  • Faire toujours de son mieux
  • Sois sceptique et sache écouter

Bien sûr, présenter cela ainsi parait simple et pourtant, chaque élément nécessite un développement afin de préciser la manière dont nous pouvons comprendre, si ce n’est interpréter, les diverses « consignes » énoncées.

Selon Don Miguel Ruiz chacun est dans son monde qui est construit à son image et dans lequel subsiste sa vérité.

Ainsi lors d’échanges avec l’autre, il est essentiel de prendre en considération cette dimension qui sous-tend une difficulté de compréhension et de transmission d’un quelconque message.

Bien que nous acceptions, d’un commun accord les symboles (mots) décrivant chaque chose, il n’en demeure pas moins que ma vérité peut ne pas être celle de l’autre et vice versa.

Il peut être alors judicieux de s’interroger sur la signification de chaque principe formulé dans les 5 Accords Toltèques.

Ça permettrait d’une part de clarifier à la lecture de chaque phrase citée ce que l’on entend et ce qui résonne en soi.

 

2/ Le 1er accord

Prenons l’exemple du 1er accord « Que ta parole soit impeccable ».

Pour moi, compte tenu de mon histoire, de ma culture et de mes filtres construits au travers des diverses expériences vécues, je traduis cette consigne par découvre le monde de l’autre afin d’envisager les éventuelles répercussions de mon discours. Je peux alors anticiper les malentendus et les incompréhensions.

Illustrons cela :

 

Dans la situation, ci-dessus décrite le personnage A perçoit un 6 alors que le personnage B perçoit un 9.

Tous deux ont raison, ce qui ne change pas la nature de la figure entre les 2, et il sera difficile de convaincre son interlocuteur de notre vérité.

Par l’invitation faite par la famille Ruiz, j’irai me « mettre alors dans les baskets » du personnage B (cf. fig. 2) pour entrevoir son point de vue.

Je pourrais fortement améliorer mon échange pour le rendre plus pertinent.

 

3/ Le 2ème accord

Attardons de la même façon sur le deuxième accord : « Quoiqu’il arrive, n’en faîtes pas une affaire personnelle. »

Encore une fois, et je n’insisterais jamais assez, tout ce qui suit, est à entrevoir dans le contexte précédemment cité, à savoir selon mes filtres, ma culture, mes croyances…

Ceci précisé, il nous arrive souvent lors d’une conversation de se sentir concerné, voire impliqué, par les remarques émises. Et tout aussi souvent nous réagissons personnellement. La plupart du temps se justifiant ou se défendant car se sentant attaqué. Ou du moins, imaginant l’être, notre instinct nous pousse inlassablement à se mettre en mode « combat » ou « fuite ».

Alors si j’écoute cette maxime, ne pas en faire une affaire personnelle devient un moyen de prendre du recul et de marquer une légère pause afin d’envisager toutes les possibilités de compréhension du message transmis. Puis, il suffit de poser des questions afin de confirmer, ou tout du moins, de préciser les intentions de mon interlocuteur.

Ainsi bien des quiproquos sont évités et force est de constater qu’avec le temps le rapport s’améliore avec les autres. Désormais, je prends le temps d’écouter sans autre intention que de comprendre le monde dans lequel évolue mon partenaire et de découvrir sa vérité.

Prenons un exemple simple :

Dans ce schéma, le personnage A voit un 6 alors que le personnage voit un 9. En discutant lorsque B affirme que la forme vue est un 9. J’imagine qu’il sous-entend que je mente et convaincu, dans « mon monde », d’avoir raison, sans prendre garde, je m’énerverais afin d’être entendu sur « ma vérité ».

Si comme le propose Don Miguel Ruiz, je n’en fais pas une affaire personnelle alors j’essaie de me mettre à sa place et constate qu’en effet la forme observée, de ce point de vue, est un 9.

Je me dois de reconnaître que les points de vue énoncés par une personne ou une autre ne relatent pas du tout l’histoire qui constitue les pensées qui ont permis d’aboutir à ces vérités.

Acceptons qu’il n’existe pas qu’une seule vérité, qu’un seul monde et apprenons, avec envie et plaisir, à dévoiler celui de ceux avec qui nous échangeons.

Nous parlons d’empathie, de tolérance et pourquoi pas d’amour, l’amour de l’autre et aussi l’amour de soi.

Cette expérience à laquelle nous invite cet adage se révèle riche dans notre comportement vis-à-vis des autres, collègues, collaborateurs, supérieurs hiérarchiques. Nous pouvons imaginer tout l’étendue de son application dans le cadre du management.

 

4/ Le 3ème accord

Abordons sans attendre, le troisième accord : « Ne pas faire de suppositions. »

Il semble, de prime abord, simple à comprendre et pourtant…

Avez-vous conscience du nombre de fois où nous prononçons des expressions telles que « je sais ce que tu vas dire… », ou encore « je sais ce que tu penses… », quand on ne dit pas « je le connais, il va dire que… »

Cela s’ajoute aux pensées qui nous traversent lorsque nous interprétons les signes non verbaux émis par nos interlocuteurs, selon nos expériences…

Si nous prenons le temps de tester nos suppositions par un questionnement approprié, nous gagnerons en qualité d’échanges.

Une fois encore cette approche modifie notre façon de communiquer et permet de clarifier les intentions ainsi que le monde dans lequel évolue l’autre. Il ne s’agit pas d’ignorer nos ressentis, simplement de ne pas leur prêter plus d’importance que cela et ainsi de les vérifier.

Par cette pratique avec le temps, nous désamorçons toutes les suppositions.

Cela complète le traitement des méta-modèles en Programmation Neuro Linguistique (P.N.L.) comme les distorsions, les omissions ou encore les généralisations.

Ne pas faire de suppositions conduit à ne rien croire comme vrai et à approfondir les ressentis, les discours pouvant prétendre à confusion.

Le Mind Map permet de clarifier et dans ce cas de simplifier les rapports et les échanges de communication avec autrui.

Appliqué au management « ne pas faire de suppositions » permet de rester lucide et dans un état « Adulte » si l’on s’en réfère à l’Analyse Transactionnelle (A.T.).

 

5/ Le 4ème accord

Etudions le quatrième accord : « Faire toujours de son mieux »

Il s’agit de donner toujours le meilleur de soi-même. Pas plus car nous serions épuisés et pas moins car nous nous sentirions coupable et notre confiance en soi serait atteinte.

Cela permet de n’avoir rien à se reprocher et d’agir en toutes circonstances à cent pour cent de son potentiel.

Cette attitude développe notre humilité car nous devons accepter de ne faire que ce que l’on peut.

Cette exigence nous amène à nous interroger sur notre sens des priorités et notre gestion du temps afin d’être le plus efficace possible.

Le simple fait de s’interpeller sur le fait d’avoir fait tout son possible pour être sûr d’avoir fait de son mieux.

Bien sûr, il demeure essentiel d’être bienveillant avec soi-même et avec ses collaborateurs.

 

6/ Le 5ème accord

Enfin, le cinquième accord et non des moindres : « Soyez sceptique et sachez écouter. »

Ce dernier s’est ajouté suite à la collaboration du père et du fils.

Cet accord invite à ne rien prendre pour argent comptant tout en étant attentif à tout ce qui se dit ou se montre (non verbal).

Il devient difficile de faire la part des choses et utile de ne pas hésiter à remettre en cause les dires de nos interlocuteurs.

 

7/ Conclusion

Ce bref aperçu des réflexions de Don Miguel et Don José Ruiz encouragent à traiter la communication et le management d’une façon bien différente.

Dans le respect et la bienveillance de chaque personne les relations, échanges, consignes, délégations seront plus efficaces.

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Bernard Galindo